6 - La vie en couple

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On a vu qu'une voile dévie les filets d'air. Plus elle modifie l'écoulement, plus sa zone d'influence est grande. En approchant deux voiles l'un de l'autre, arrive un moment où les espaces d'influence interfèrent. La zone de la voile d'avant (foc génois...) qui se trouve en arrière du mât se nomme le recouvrement.

Que se passe-t-il dans cette zone-couloir entre le génois et la grand voile ? La voile d'avant favorise-t-elle la grand voile ?
Contrairement à une idée répandue, il y a ralentissement du flux d'air dans le couloir entre génois et grand voile. Nous allons voir pourquoi.
En effet, l'analogie qui pourrait sembler attirante avec un effet d'entonnoir (Venturi) et un liquide n'est ici pas valable : contrairement à un entonnoir pour du liquide, l'air n'est pas canalisé entre les deux voiles, il ne s'agit pas d'un "passage obligé". De part la viscosité de l'air, au voisinage des parois, il y a ralentissement et "bouchon". Donc les molécules d'air vont avoir tendance à aller là où l'écoulement est le plus dynamique. Une importante partie aura donc tendance à passer côté extrados. Il y a donc accélération sur l'extrados et ralentissement sur l'intrados, donc différence de pression, amélioration de la succion, donc les performances de la voile d'avant sont améliorées par la présence de la grand voile.

Au niveau de la grand voile, on a moins de basse pression sous le vent et moins de hautes pressions au vent que sans voile d'avant , la grand voile est pour cela pénalisée par la présence de la voile d'avant.

Septiques ? Essayez ceci, prenez deux feuilles de papier que vous tenez verticales, écartées de quelques centimètres. Soufflez entre les deux feuilles. Que se passe-t-il ? La vitesse des filets d'air est supérieure entre les deux feuilles, car presque nulle à l'extérieur (on souffle ENTRE les deux feuilles), donc la pression extérieure est supérieure à la pression entre les deux feuilles, les deux feuilles.... se rapprochent.

Or si le flux d'air était accéléré entre voile d'avant et grand voile, le génois viendrait se coller à la grand voile, ce qui n'est pas le cas.

Le génois est souvent considéré comme le moteur du voilier, surtout dans le cas d'un gréement de tête (l'étai du génois arrive en tête de mât = le génois va jusqu'en haut du mât). La grand voile est d'avantage liée au contrôle du cap, et à la capacité du bateau à remonter au vent. Bien sûr, les deux voiles interagissent entre-elles, ce qui nuance le propos.
Le génois n'a pas de mât devant lui, qui créée turbulence et traînée. Il peut être envoyé avec un angle au vent plus large que celui attendu, en raison de l'effet adonnant qu'il subit. Ce phénomène se caractérise pas un changement de direction des filets d'air en amont d'une voile, avant qu'ils l'atteignent.

Ainsi, la poussée vélique est meilleure sur le génois que sur la grand voile. A l'inverse la grand voile subit l'effet refusant du génois : elle doit être plus bordée que si elle était envoyée seule.